Conditions de travail des artistes

L’Institut syndical européen (ETUI) a consacré le numéro 21 de sa revue HesaMag au thème des conditions de travail des artistes et autres créateurs.

Ce numéro explore différentes facettes de l’art comme travail. Un travail collectif avec d’innombrables “petites mains”. Un travail généralement soumis à des conditions de précarité et dont les risques physiques et psychiques sont souvent négligés.

Pour plus d'informations à ce sujet, consultez le site de l'ETUI: Art et travail: paradoxes d’un couple inséparable.

Le 25 juin 2020, un webinaire a été organisé pour faire connaître ce numéro. Vous trouvez de plus amples informations à ce sujet en anglais sur le site de l’ETUI, dans la rubrique Events > Webinar: The real work of art. Launch of HesaMag#21.

Risques

Les artistes et autres créateurs (également décrits en anglais sous le vocable ‘performers’) constituent un groupe hétérogène de personnes actives dans le secteur culturel et artistique. Ce qui signifie que les risques auxquels ce groupe très diversifié de personnes sont susceptibles d’être exposés peuvent être fort variés.

Les musiciens sont en effet exposés à d’autres dangers que les danseurs de ballet, les chanteurs sont exposés à d’autres risques que les sculpteurs, les écrivains et poètes sont exposés à d’autres risques que les dessinateurs et les graphistes. Les peintres sont exposés à d’autres risques que les graffeurs. Les acteurs qui jouent sur une scène de théâtre sont exposés à d’autres dangers que les artistes et acteurs de rue. Et l’on pourrait continuer longtemps ainsi.

Sans oublier les nombreux collaborateurs des services de soutien.

Voici quelques-uns des risques auxquels ils peuvent être exposés:

  • une exposition excessive au bruit qui peut provoquer la surdité;
  • des troubles musculosquelettiques;
  • des problèmes de voix chez les chanteurs;
  • les substances dangereuses pour les peintres ou les restaurateurs d’objets d’art;
  • le stress.

Outre le stress, d’autres risques psychosociaux ont récemment fait parler d’eux dans le sillage du mouvement #meToo. L’article suivant parle de cette problématique: Comportements inappropriés dans le secteur de la culture et des médias.

Ajoutons à cela que de nombreux artistes ne sont pas occupés (de manière permanente) comme salarié chez un employeur. Ce sont souvent des indépendants, des free lance, etc., bénéficiant de ce fait d’une moindre protection en droit du travail et se retrouvant dans des situations de travail plus précaires.

Le travail occasionnel et d'autres nouvelles formes de travail ont également été abordés:

Quelques-uns de ces risques ont été discutés lors d’une journée d’étude VUSA le 16 mai 2019 à Louvain. Certaines présentations peuvent être consultées sur le site de la "Vlaamse Wetenschappelijke Vereniging voor Arbeidsgezondheidskunde" (VWVA): VUSA 2019: The art of occupational health.

Un bon ouvrage de référence est “Artists beware: the hazards working with all art and craft material and the precautions every artists and craftsperson should take care off” de Michaël McCann. Ce dernier a également écrit le chapitre 96 “Entertainment and the Arts” de l’Encyclopédie de sécurité et de santé au travail de l’Organisation internationale du travail (OIT):

Défense des intérêts

En raison des conditions précaires dans lesquelles ces personnes peuvent se retrouver, certaines organisations coupoles, comme des syndicats et des organisations spécifiques, défendent leurs intérêts dans certains aspects du droit du travail individuel ou collectif ou dans leurs divers autres domaines d’activités (sécurité sociale, soutien juridique, administratif, fiscal et financier).

En voici quelques exemples:

Certaines de ces organisations établissent un rapport annuel de ces activités, comme le ‘Freelancer focus rapport’ de l’"Unie van Zelfstandige Ondernemers" (Unizo): Freelancer focus 2019 (PDF, 2,49 MB).

Organisations actives dans le domaine du bien-être: Antwerp HeArts et d’autres

Peu d’organisations s’occupent spécifiquement de la sécurité et de la santé de ces groupes professionnels. Nous en énumérons néanmoins quelques-unes ci-dessous.

Antwerp HeArts (Healthcare for Artists), un centre d’expertise multidisciplinaire pour la prévention et le traitement des plaintes chez les artistes, est une initiative de l’Hôpital universitaire d’Anvers (Universitair Ziekenhuis Antwerpen -UZA) et de la Faculté de médecine et de sciences de la santé de l’Université d’Anvers.

Vous pouvez trouver plus d’informations à ce sujet sur le site de l’Université d’Anvers: Antwerp HeArts.

Ils organisent également des cours de recyclage périodiques en danse, en musique et en médecine. Certaines de ces présentations sont disponibles sur la page de la formation continue.

L’Association Européenne Médecine des Arts et le Britisch Association for Performing Arts Medecin (BAPAM) travaillent également sur le bien-être pour ces catégories professionnelles dans les pays voisins.

Sur le site ‘Sociaal Fonds Podiumkunsten’, créé par la commission paritaire 304, une rubrique est consacrée à la sécurité au travail (en néerlandais): werken aan veiligheid.

Sur le site du Steunpunt voor Productionele, Ontwerpende en Technische krachten van de brede culturele sector (STEPP) une rubrique est consacrée à la sécurité au travail (en néerlandais): veiligheid.

Le site ‘mediarte’ a également une rubrique consacrée à la sécurité et au bien-être.

Dans leur magazine en néerlandais, un dossier spécifique est dédié à la sécurité (pages 38 à 48): mediarte magazine #6.

Analyse des risques

Vu que seul un nombre limité d’organisations s’occupent de bien-être pour ces groupes professionnels, il importe d’aider ces groupes à identifier les dangers, à faire une analyse des risques, à prendre les mesures appropriées et à développer une politique de bien-être.

L’outil d’analyse des risques en ligne OiRA est un instrument idéal à cet égard. Des outils OiRA ont été publiés pour les arts du spectacle. Lisez à ce sujet l’article: Outils OiRA pour le secteur des arts du spectacle.

Aux Pays-Bas aussi, divers catalogues ‘arbo’ ont été publiés. Citons à titre d’exemples:

Covid-19

Avant la crise du coronavirus, il arrivait déjà que des artistes se retrouvent dans des conditions précaires. Le Covid-19 a fortement touché les catégories professionnelles et les secteurs dans lesquels les artistes sont actifs de sorte que davantage d’artistes encore se sont retrouvés dans une position précaire. Leur situation est devenue plus incertaine encore.

Pour le redémarrage des activités en Belgique, des guides sectoriels ont été rédigés. Pour les commissions paritaires 227 (secteur audiovisuel), 303.01 (production de films), 303.03 (salles de cinéma) et 304 (arts de la scène), des guides sectoriels ont été établis qui sont disponibles sur le site du Service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale: Au travail en toute sécurité pendant la crise du Coronavirus: guide générique (version 2) et guides sectoriels.

Quelques publications

Voici quelques articles, publications scientifiques ou sites web d’organisations où l’on parle des risques spécifiques à ce secteur:

Problèmes de voix et ergonomie de la voix

La problématique de la voix ne concerne pas simplement des catégories bien définies d’artistes comme les chanteurs, elle touche également d’autres professions, pensons aux enseignants, aux opérateurs de call center, aux journalistes, etc. Dans toutes ces professions, il est primordial d’appliquer une bonne ergonomie de la voix. Cette problématique est abordée dans les documents, projets ou publications suivants:

Plus d'informations

Sur ce site BeSWIC, les articles de blog suivants ont également été publiés sur les conditions de travail dans d’autres secteurs:

D’autres numéros du HESAmag ont été consacrés aux conditions de travail pour certaines professions ou dans certains secteurs: