Écoles en mouvement: comment une approche stratégique de la promotion de l'activité physique peut prévenir les TMS

Environ un tiers des enfants et adolescents souffrent déjà de troubles musculosquelettiques (TMS). Ces troubles peuvent être exacerbés quand les jeunes commencent à travailler. La prévention précoce et l'adoption d'une approche tout au long de la vie pour une bonne santé musculosquelettique sont donc primordiales pour une bonne sécurité et santé au travail (SST) et pour un vieillissement sain.

Les écoles sont l'environnement idéal pour une prévention précoce et à long terme des TMS, mais une stratégie cohérente avec des objectifs en matière de SST et d'éducation est nécessaire pour une mise en œuvre réussie.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il est non seulement important que les enfants et les jeunes fassent plus d'exercice, mais aussi qu'ils restent assis le moins longtemps possible. Les jeux actifs, les déplacements (à vélo ou à pied) et les sports sont les éléments les plus importants pour promouvoir le mouvement chez les enfants. Pourtant, moins d'un cinquième des jeunes atteignent les 60 minutes d'activité physique modérée ou intense par jour recommandées par l'OMS.

L'exercice et l'activité physique peuvent prévenir les troubles musculosquelettiques. Impliquer les écoles dans le renforcement et la dynamisation des activités de promotion de la santé et de prévention semble être la prochaine étape logique. La prévention précoce est nécessaire car la majorité des problèmes de santé apparaissent ou ont leur origine dans l'enfance ou à l'adolescence, et non à l'âge adulte. De même, une bonne politique de SST ne peut être réalisée que si les enfants et les jeunes acquièrent des compétences en matière de santé au cours de leur scolarité.

Malgré ces faits, nous constatons toujours un manque de prévention des TMS dans les programmes scolaires. Heinz Hundeloh, ancien chef du département éducation de la "Deutsche Gesetzliche Unfallversicherung" (DGUV), l'exprime comme suit: “Alors que l'alimentation, le tabac, les drogues illégales, la violence et la santé mentale sont désormais des sujets courants, ce n'est pas (encore) le cas pour les TMS.

Quels sont les facteurs de réussite dans la promotion de l'exercice physique à l'école?

Pour une mise en œuvre efficace, un certain nombre de facteurs de réussite doivent être pris en considération.

La promotion de l'activité physique doit être ancrée dans le concept pédagogique de l'école. Il est très important de parler la langue de l'école et de tenir compte des circonstances spécifiques.

La détermination d'objectifs utiles, réalistes mais aussi stimulants contribuera à créer la volonté de changement nécessaire parmi les membres de l'école.

Chaque mesure doit être prise en concertation avec le secteur de l’enseignement. Cela nécessite une bonne coordination avec le ministre de l’enseignement, les autorités scolaires régionales et locales ou les écoles spécifiques en termes de conception, de planification, de mise en œuvre et d'évaluation. La coopération avec la communauté au sens large et d'autres partenaires, tels que les organisations sportives et de santé, peut créer des synergies et accroître l’acceptation dans les écoles.

L'accès à des moyens et un soutien adéquats en suffisance joue également un rôle important. Les enseignants doivent être suffisamment préparés et posséder les compétences sociales, communicatives, disciplinaires et didactiques-méthodologiques appropriées. Si ce n'est pas le cas, une formation adéquate doit être dispensée. Enfin, les salles et les équipements destinés aux exercices et à l'activité physique doivent être sûrs et bien entretenus.

Comment garantir l'efficacité sur le long terme?

L'expérience montre que de nombreuses initiatives en milieu scolaire visant à promouvoir l'activité physique et à prévenir les TMS échouent à long terme. L'efficacité à long terme des mesures peut être influencée positivement par les principes suivants.

Premièrement, les compétences comportementales liées au mouvement et à la santé doivent être enseignées de manière structurée, en tenant compte de la conception didactique et méthodologique des cours de gym. Les élèves qui sont doués pour les activités physiques et en matière de santé développeront également les compétences, la confiance et les connaissances nécessaires pour continuer à bouger tout au long de leur vie. En outre, les mesures à prendre devraient se concentrer sur la santé générale et les aptitudes à l'exercice physique des enseignants et les aider à approfondir ces aptitudes.

Par ailleurs, chaque mesure doit couvrir un maximum de terrains d'action dans le système scolaire, comme la politique du sport à l’école, la formation des enseignants, le développement des programmes, le matériel pédagogique, les infrastructures, le développement des cours et la culture scolaire. De même, les mesures ne peuvent pas se limiter aux cours d'éducation physique mais couvrir toutes les matières.

Enfin, les mesures ne doivent pas être mises en place comme une initiative isolée, mais comme une intervention à long terme dans le cadre du processus de développement de l’école. Cette méthode reconnaît que chaque école est unique et qu'il n'existe pas d'intervention qui fonctionne pour toutes les écoles. Chaque école doit donc être le moteur de son propre changement.

L'approche "Schools for Health in Europe", recommandée par le réseau européen pour l’éducation et la formation à la sécurité et la santé au travail (ENETOSH), est un bon exemple d'une approche solide et complète.

Plus d'informations

(Source: Healthy Workplaces Campaign News – juin 2022: Schools on the move: how a strategic approach to promoting exercise can prevent musculoskeletal disorders)