Études de cas sur les TMS: exemples pratiques pour soutenir les travailleurs atteints d'un TMS chronique

De nombreux travailleurs développent un trouble musculo-squelettique (TMS) au cours de l'exercice de leur travail. 

Cependant, que peut-on entreprendre pour atténuer l'impact d'un TMS et aider les travailleurs à rester au travail malgré un TMS? Cet article examine trois cas spécifiques de travailleurs souffrant d'un trouble musculo-squelettique chronique. Il montre les conseils pratiques et les mesures qui les ont aidés à faire face à leur trouble et à prévenir une détérioration de leur état, tout en restant au travail ou en retournant au travail.

Étude de cas n° 1: changement de fonction et adaptation du lieu de travail

Cette étude de cas concerne un agent masculin d'une cinquantaine d'années qui souffre de costochondrite (une inflammation du cartilage entre les côtes et le sternum), de sciatique et de douleurs dans les doigts. Ses affections se sont développées à la suite du port obligatoire d'un équipement de protection individuelle, en l'occurrence un gilet pare-couteaux, et en raison de ses tâches professionnelles.

L'état de l'agent s'est détérioré parce que ses plaintes en matière de santé n'ont pas été prises au sérieux immédiatement et qu'il a lui-même préféré ne pas prendre de congés de maladie. L'intervention précoce est très importante: plus les troubles musculo-squelettiques sont traités tôt, plus le risque que le problème se transforme en une affection douloureuse et chronique est faible.

Grâce à une bonne entente avec son supérieur, qui a pris les plaintes au sérieux, l'agent a été transféré à un poste de bureau et a reçu du matériel ergonomique, comme un bureau assis-debout, une souris adaptée et un nouveau clavier. Cela lui a permis de continuer à travailler à temps plein. L'expérience de l'agent a conduit à une réévaluation des équipements de protection individuelle: les agents ont été dotés de gilets pare-couteaux plus ergonomiques pour éviter les problèmes potentiels. Cela montre l'importance de prendre des mesures organisationnelles.

Étude de cas n° 2: un espace pour les étirements sur le lieu de travail et autres aménagements

Après une année d'absence, une femme cheffe de projet d'une cinquantaine d'années souffrant depuis longtemps de douleurs dorsales dues à une position assise prolongée a progressivement repris son travail avec l'aide de son employeur.

La travailleuse a progressivement repris le travail, d'abord à mi-temps. Un certain nombre d'adaptations ont été apportées au lieu de travail afin qu'elle puisse éviter de rester assise pendant de longues périodes. Elle a reçu un casque sans fil et un logiciel de dictée à commande vocale pour convertir son discours en texte. Afin de réduire la pression lorsqu'elle s'assoit, on lui a donné un type de coussin de siège qui est aussi souvent utilisé par les patients en fauteuil roulant.

L'employeur lui a également fourni un espace pour faire des exercices d'étirement, ce qui a empêché la détérioration de son état. Cet espace a également profité aux autres travailleurs, puisqu'ils disposent désormais d'un endroit où faire des exercices d'étirement lorsqu'ils souffrent du dos.

Étude de cas n° 3: des collègues serviables et une bonne communication

Cette étude de cas concerne une vendeuse de 48 ans qui souffre de chrondromalacie (lésion du cartilage des articulations du poignet et du genou, le genou étant particulièrement endommagé). Elle a reçu un traitement médical et une kinésithérapie pour cette affection et a continué à travailler dans l'intervalle.

Elle peut continuer à travailler grâce à la possibilité de changer d'équipe avec un collègue, ce qui lui permet de respecter ses rendez-vous médicaux. En outre, ses collègues l'aident à porter des objets lourds et elle a reçu un tabouret sur lequel elle peut se reposer lorsqu'il n'y a pas de clients. Elle travaille généralement dans l’équipe de l'après-midi, ce qui lui permet d'éviter les bus bondés aux heures de pointe. Comme la vendeuse travaille pour la même organisation depuis 17 ans, elle entretient de bonnes relations, ouvertes, avec son employeur et ses collègues. Cela lui a permis de continuer à travailler et de demander de l'aide en cas de besoin.

Plus d’infos

Ces études de cas montrent comment des mesures simples et peu coûteuses peuvent être prises pour que les travailleurs souffrant de troubles musculo-squelettiques continuent à travailler avec un faible risque de détérioration de leur état. Les études de cas montrent également l'importance d'une bonne communication, d'un soutien de l'organisation, d'une intervention précoce et de l'application des leçons apprises pour promouvoir la santé et la sécurité au travail.

Plus d’informations sur le site de la campagne "Pour un travail sain: allégez la charge! 2020-2022" de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA):

Plus d’infos sur les TMS dans le thème Troubles musculo-squelettiques (TMS).

(Source: EU-OSHA - MSD case studies: read about real-life examples of supporting workers with chronic MSDs)