Les douleurs dorsales ne sont que le sommet de l’iceberg

Quand on parle de troubles musculo-squelettiques (TMS), on ne pense bien souvent qu’aux douleurs dorsales. Or, ces troubles présentent bien d’autres aspects, comme les problèmes d’articulations et des tissus mous. Bien que les causes soient souvent associées à des facteurs physiques, il existe de nombreuses autres causes, allant de l'organisation à l’aspect psychosocial, qui doivent être prises en compte lors de l'adoption de mesures préventives.

TMS: bien plus que de simples lombalgies

Si les douleurs dorsales sont le TMS le plus fréquent lié au travail, observé chez 43 % des travailleurs de l'Union européenne (UE), 41 % d’entre eux signalent des douleurs musculaires dans les épaules, le cou et/ou les membres supérieurs et 29 % dans les membres inférieurs. [Source: Enquêtes européennes sur les conditions de travail (EWCS)]

Les troubles musculo-squelettiques liés aux travail affectant le cou et les membres supérieurs peuvent toucher tout le cou, les épaules, les bras, les avant-bras, les poignets et les mains. Quelques exemples: tendinite, syndrome du canal carpien et arthrose. Les facteurs de risques comprennent les mauvaises positions de travail, le travail répétitif et le fait de soulever des charges lourdes; facteurs souvent liés au travail sur des machines et aux activités de construction. Travailler longtemps sur écran peut également provoquer des problèmes en raison de la nature répétitive, statique et intensive du travail.

Les troubles musculo-squelettiques des membres inférieurs touchent les hanches, genoux et jambes et surviennent souvent en raison de surcharges. Ils peuvent par exemple entraîner de l'arthrose, des douleurs articulaires et des fractures par sollicitation excessive. Ce sont les travailleurs qui restent debout, agenouillés ou penchés pendant des durées prolongées, comme c’est le cas dans les secteurs de la vente, de l’enseignement, de l’horeca, de la santé et du nettoyage, qui courent le plus de risques de développer des TMS.

Facteurs de risques psychosociaux et organisationnels

Quand il est question de facteurs de risques et de TMS, l’accent est généralement placé sur les facteurs physiques. Or, en réalité, différents facteurs de risques, également physiques, psychosociaux et organisationnels, peuvent se présenter, séparément ou simultanément. Si l'on sait généralement quels sont les principaux risques physiques, il convient d'accorder davantage d’attention aux facteurs psychosociaux et organisationnels.

Les facteurs de risques organisationnels liés au travail, tels que des exigences de travail élevées, un rythme de travail soutenu et un manque de pauses, peuvent avoir un impact négatif sur la santé musculo-squelettique des travailleurs. Ainsi, quand une tâche doit par exemple être réalisée trop vite ou implique de lourdes charges, les travailleurs risquent d’adopter de mauvaises positions de travail, simplement car elles permettent d’effectuer le travail plus rapidement. En cas de nombre insuffisant de pauses, le corps ne peut pas récupérer de ses efforts physiques, ce qui augmente à nouveau le risque de TMS. Les risques psychosociaux peuvent causer du stress, qui déclenche des réactions physiologiques et peut provoquer des troubles musculo-squelettiques.

La prévalence des facteurs de risques psychosociaux et organisationnels varie selon la profession, mais on constate des différences considérables entre certains facteurs de risques. Ainsi, ce sont surtout les opérateurs et monteurs d'installations et de machines qui courent le risque de ne pas pouvoir effectuer une pause (rapporté par 30% des répondants). Ce sont souvent aussi ces travailleurs qui n’ont pas la possibilité d’adapter l’ordre dans lequel ils effectuent leurs tâches. Par contre, les vendeurs mentionnent souvent le risque lié au rythme de travail, pour lequel ils dépendent des exigences des clients (82% en 2015). [Source: Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), Work-related musculoskeletal disorders: prevalence, costs and demographics in the EU, p. 121, 2019]

Les TMS sont également associés à d'autres problèmes de santé, tels que les troubles de l'anxiété, la fatigue, les problèmes de sommeil et la souffrance mentale. Parfois, les TMS peuvent même provoquer ou aggraver ces problèmes de santé.

Approche intégrée et combinée pour prévenir les TMS

En raison des nombreux facteurs qui contribuent à provoquer ou à aggraver les TMS, et en raison de l'interaction entre ces facteurs, la meilleure façon de lutter contre les TMS est d’adopter une approche “holistique” combinée.

D’abord et avant tout, il faut toujours identifier les facteurs de risques dans le cadre des TMS. Cela signifie qu’au sein de l’entreprise, il convient d’effectuer des analyses de risques pour vérifier les risques que présente chaque tâche et identifier les travailleurs qui peuvent être touchés et de quelle façon. Procéder de la sorte permet d’intervenir rapidement et soit d’éliminer les facteurs de risques, soit de limiter l’exposition et l’influence du risque sur la santé des travailleurs.

De plus, il importe de combiner les mesures préventives afin de maîtriser les risques à tous les niveaux, ce qui implique des actions axées sur:

  • le poste de travail (ergonomie);
  • l’amélioration de l’organisation du travail et des facteurs psychosociaux, par exemple en accordant davantage de pauses et en permettant aux travailleurs d’adapter eux-mêmes leur rythme de travail;
  • l’implication directe des travailleurs, par exemple en dispensant des formations sur les bonnes positions de travail.

Plus d'informations

Pour davantage de conseils et de soutien dans la prévention des TMS, visitez le site de la campagne “Pour un travail sain: allégez la charge! 2020-2022”:

Plus d’infos sur le site de l'EU-OSHA:

Plus d’infos en anglais sur le site OSHwiki, concernant:

(Source: Healthy Workplaces Campaign)