Organisation des soins médicaux en cas d'incidents CBRNe: rapport du KCE

À la demande du SPF Santé publique, le Centre fédéral de connaissances des soins de santé (KCE) s'est penché sur l'organisation des soins hospitaliers lors d'incidents CBRNe: urgences impliquant la libération de substances chimiques (C), biologiques (B) ou radiologiques/nucléaires (RN), en combinaison ou non avec des explosifs (E).

Par incidents CBRNE, pensons, par exemple, à un accident dans une usine chimique ou lors d'un transport de matières dangereuses, à une catastrophe nucléaire ou à un attentat terroriste.

Cet article fournit plus d'informations sur ce rapport, le 20e anniversaire du KCE et d'avis à messages sur les plans d'urgence et les incidents CBRNe.

À propos du rapport

Incidents CBRNe

Certains grands incidents CBRNe sont gravés dans notre mémoire collective: la catastrophe ferroviaire de Wetteren, les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima, etc. Ces incidents peuvent être malveillants (par la terreur, par exemple) ou involontaires (par un accident, par exemple). Des personnes (patients, personnel d'urgence, passants) ou du matériel (infrastructures et véhicules), animaux, objets et l'environnement (bâtiments, ambulances) peuvent ainsi être contaminés par une substance dangereuse pour la santé.

Ces catastrophes nécessitent une approche multidisciplinaire et/ou une coordination approfondie entre les différents acteurs et agences (y compris la santé publique, l'intérieur et la défense). Les disciplines sollicitées sur le terrain comprennent les pompiers, les prestataires de soins de santé, la Croix-Rouge, la police, la protection civile, la défense et des équipes de communication spécifiques.

Les incidents CBRNe peuvent rapidement dépasser la capacité de décision de la région touchée et exercer une forte pression sur le système de soins de santé. Les autorités concernées et le système de santé doivent être en mesure de réagir de manière appropriée.

Un guide pour les organisations de soins de santé

Le rapport se concentre principalement sur les situations d'urgence liées à des rejets de produits chimiques dont les conséquences sont immédiates ou se manifestent dans les heures qui suivent. Il espère fournir des conseils aux organismes de soins de santé sur le lieu de l'incident et dans l'hôpital pendant ces incidents. 

Les hôpitaux belges jouent un rôle clé dans la fourniture de soins médicaux dans les situations d'urgence. Le KCE préconise de s'appuyer sur leur expertise existante, en les divisant en "hôpitaux CBRNe de type I" spécialisés dans les soins aux victimes CBRNe gravement blessées et en "hôpitaux CBRNe de type II" pour les soins aux victimes qui ne nécessitent pas de soins complexes. Les hôpitaux de "type I" disposent idéalement de services spécialisés, tels qu'un centre de traitement des brûlures et un centre de traumatologie. Tous les types d'hôpitaux doivent également être en mesure de décontaminer correctement les victimes, disposer d'équipements de protection individuelle (EPI) (y compris des vêtements et des masques), et leur personnel doit être formé à reconnaître et à aider les victimes infectées en temps utile.

Une décontamination rapide est essentielle sur le site de la catastrophe. Une infrastructure mobile est nécessaire à cet effet. Aujourd'hui, la plus grande capacité de décontamination se trouve dans le secteur de la protection civile. Dans notre pays, il existe actuellement un CBRNe-SMUR, basé à l'hôpital militaire Reine Astrid à Bruxelles, avec une unité de décontamination mobile. 

Une autre condition préalable à une organisation efficace des soins en cas de catastrophe est, entre autres, un stock national transparent et accessible d'antidotes et d'équipements de protection individuelle. 

La littérature scientifique internationale sur la résilience des systèmes de santé et des hôpitaux a été examinée, des rapports sur des incidents CBRNe provenant d'une sélection de pays ont été étudiés, 40 entretiens avec des personnes clés ont été menés et 14 experts ont été consultés dans le cadre de 3 ateliers pour l'élaboration de ce document. 

Au final, 9 recommandations sont formulées à l'intention des différents gouvernements:

  • Politiques coordonnées et intégrées
  • Préparation des hôpitaux
  • Plans d'urgence hospitaliers
  • Formation et accompagnement
  • Capacité
  • Communication et information
  • Suivi
  • Collaboration européenne
  • Ethique

Davantage d’informations sur le site du KCE:

20 ans de KCE

Le KCE existe depuis 20 ans. Cet évènement est prévu pour le 30 novembre. Lien vers le texte français sur KCE: Symposium ‘20 years KCE’.

Attention: ne pas confondre KCE et KCCE, Centre fédéral de Connaissances pour la sécurité civile.

Plus d’infos

En ce qui concerne les plans d’urgence des hôpitaux:

Le site du Centre de crise national (NCCN) dispense également des informations sur Le Centre fédéral de Connaissances pour la sécurité civile.

In fine, citons le mémoire de de Tim Certyn dans le cadre du cours sur la gestion des catastrophes. Ce mémoire est disponible en néerlandais sur le site de ‘Rampenmanagement’: Onderzoek naar het proces voor registratie van getroffenen in ziekenhuizen (PDF, 3,45 Mo).

Articles BeSWIC pertinents

Ce site BeSWIC a déjà publié plusieurs articles sur les plans d'urgence, les 5 disciplines des plans d'urgence, la gestion des crises, le centre national de crise, les incidents ayant un aspect CBRNe, les antidotes, etc. Voici quelques exemples: