Pourquoi l’intervention précoce est la clé pour prévenir les TMS chroniques

Une personne sur quatre dans l’Union européenne (UE) souffre d’un trouble musculosquelettique (TMS) chronique, comme des maux de dos, des affections des membres supérieurs ou de l’ostéoporose. La population active de l’UE est vieillissante, ce qui signifie que les TMS chroniques risquent de devenir encore plus fréquents à l’avenir. Par conséquent, il est essentiel de prendre des mesures dès que les symptômes surviennent afin de préserver la santé des travailleurs, de pouvoir garder les travailleurs en service et de stimuler l’entreprise.

Qu’entend-on par “intervention précoce”? 

Les absences de longue durée pour maladie peuvent être évitées si des mesures immédiates sont prises dès l'apparition des symptômes, comme adapter l'environnement de travail, fournir un soutien professionnel ou assurer une orientation et un diagnostic rapides. Toutes ces mesures peuvent contribuer à éviter l'aggravation d'un trouble, à rétablir les fonctions et à prévenir une incapacité de travail de longue durée.

Une intervention précoce implique aussi de prendre rapidement des mesures pour déterminer la cause des TMS liés au travail et y remédier. De cette manière, le développement des troubles musculo-squelettiques peut être prévenu avant que ceux-ci ne deviennent chroniques.

Plus d’informations sur les TMS chroniques sont disponibles sur le site de la campagne “Pour un travail sain: allégez la charge! 2020-2022”: What are chronic MSDs and how can we manage them at work?

Pourquoi l’intervention précoce est-elle importante?

L’intervention précoce présente des avantages tant pour les travailleurs que pour les entreprises. Du point de vue des travailleurs, plus tôt un problème de TMS est pris en charge, moins il risque de se transformer en une affection douloureuse et chronique.

Pour les entreprises, non seulement il est important de préserver les travailleurs expérimentés, mais il est également plus simple et moins coûteux d'intervenir avant que le trouble ne s'aggrave. Les éventuelles adaptations individuelles sont généralement plus faciles et moins onéreuses à mettre en place à un stade précoce dans l’évolution d’une affection. Les investissements réalisés aujourd'hui seront rentables à long terme.

Comment fonctionne une intervention précoce?

Pour que l'intervention précoce puisse être un succès, il faut une communication ouverte sur le lieu de travail. Les employeurs doivent disposer d’un système permettant aux travailleurs de déclarer des symptômes dès leur apparition. Si les travailleurs ne se sentent pas capables de parler ouvertement avec leur responsable, ils peuvent essayer de cacher leur problème, ce qui contribuera au développement du trouble et augmentera la probabilité que celui-ci affecte leurs prestations de travail. Les troubles dissimulés empêcheront également l'entreprise d’apporter un soutien au travailleur.

Les employeurs doivent écouter les travailleurs et prendre des mesures suite à la discussion, pour montrer qu’ils soutiennent le travailleur. En outre, ils peuvent œuvrer avec les travailleurs pour rechercher de manière proactive les risques de TMS, dépister les premiers signes de TMS liés au travail et mettre en œuvre des mesures préventives pour éviter l'apparition d'un trouble.

Plus tôt les mesures préventives pourront être mises en œuvre, plus elles seront efficaces. Il peut être relativement facile d'apporter à un stade précoce des ajustements simples, tels que des modifications au mobilier sur le lieu de travail, à l'organisation du travail, aux dispositions contractuelles, aux environnements de travail (notamment en ce qui concerne le bruit, l'éclairage et les vibrations), aux activités ou aux routines.

Pour favoriser la poursuite du travail ou le retour au travail après une période d'absence pour cause de maladie, la communication entre le travailleur, son prestataire de soins et son employeur, son supérieur hiérarchique ou son équipe RH doit être claire et efficace. Les prestataires de soins peuvent fournir des conseils, avec l'autorisation du travailleur, et contribuer à une solution en fournissant et en favorisant un accès rapide au diagnostic et au traitement.

Certains employeurs dont la main-d'œuvre est plus âgée ou qui travaillent dans des secteurs présentant régulièrement des facteurs de risque spécifiques de TMS choisissent de donner à leurs travailleurs un accès à la physiothérapie afin de prévenir le développement ou l'aggravation d’éventuelles affections.

Comment cela se présente-t-il dans la pratique?

Une intervention précoce s'est avérée très efficace dans le cas d'une chercheuse et consultante de 60 ans qui présentait des symptômes douloureux dans les épaules, les poignets et les doigts, principalement en raison des longues périodes de saisie de données sur ordinateur et de rédaction de rapports pour son travail.

Après que la travailleuse a signalé les symptômes à son employeur, son supérieur hiérarchique a immédiatement contacté un ergonome pour qu'il procède à une évaluation détaillée des risques liés à l'environnement de travail. L'équipe RH a fait appel à un médecin du travail pour qu'il procède à une évaluation professionnelle des troubles.

En conséquence, un certain nombre de changements ont été effectués: la travailleuse a reçu des outils et des équipements spécialisés et son poste de travail a été adapté pour être plus ergonomique. Pour réduire la charge de travail de la travailleuse, les tâches de saisie ont été réparties sur l'ensemble de l'équipe. La travailleuse s'est également vu offrir plus de flexibilité dans son travail quotidien, notamment la possibilité de faire des pauses régulières pour éviter d’utiliser ses poignets de manière intensive.

Les mesures ont présenté des avantages pour la travailleuse, l’ensemble de l’équipe et l’entreprise de manière générale. Plus important encore, la travailleuse n'a plus eu à travailler dans la douleur et l'inconfort. L'entreprise a pu conserver une collaboratrice experte et la garder en activité pendant les ajustements. Grâce à la rapidité d'intervention de son supérieur hiérarchique et de l'équipe RH, le processus a été relativement peu coûteux et simple.

De plus, les ajustements ont produit plus d’implication sur le lieu de travail, en fournissant des outils ergonomiques que les autres collègues peuvent utiliser et en montrant à tous que les discussions axées sur la sécurité et la santé au travail sont prises au sérieux.

Plus d'informations

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(Source: Healthy Workplaces Campaign)