Risques du CO dans l’entreposage de granulés de bois

Ces dix dernières années, on déplore plus de 10 décès à la suite d’une intoxication par monoxyde de carbone (CO) en pénétrant dans des espaces où sont entreposés des granulés de bois. Les décès se sont produits en pénétrant dans des espaces de chargement de bateaux, des silos d’entreposage et également ces dernières années dans les lieux de stockage chez les particuliers. Vous trouverez ci-dessous un aperçu des risques, des mesures de prévention ainsi que quelques publications.

Les granulés de bois (pellets), réalisés en comprimant des sciures de bois et d’autres déchets de bois, sont de plus en plus utilisés ces derniers temps comme source d’énergie alternative. Les principaux pays de production sont l’Amérique du Nord, le Canada et les pays scandinaves.

Dégagement de CO

Les pellets entreposés dans les silos peuvent entraîner un processus d’auto-oxydation avec dégagement de CO. Dès lors, l’atmosphère peut montrer un manque d’oxygène. Ces espaces sont alors à considérer comme des espaces confinés.

Les paramètres tels que l’âge du pellet (surtout les six premières semaines de la production), la température et le type de bois jouent un rôle dans le dégagement du CO.

La valeur limite du monoxyde de carbone était de 25 ppm jusqu’à 12 octobre 2018. Avec un AR du 2 septembre 2018 divers valeurs limites sont adaptés entre autre CO de 20 ppm. Sur le site Internet du Centre Antipoisons, vous trouverez plus d’information sur les intoxications au CO: Monoxyde de carbone (CO).

Mesures

Pour le stockage, les mesures suivantes e.a. peuvent être prises:

  • Laissez des experts procéder à l’installation et à la mise en service
  • Les producteurs et les fournisseurs de pellets doivent fournir les informations de sécurité appropriées aux utilisateurs
  • Ne pénétrez pas dans les lieux de stockage sans protection, car ceux-ci peuvent contenir des gaz toxiques; appliquez la procédure entrer dans des espaces confinés
  • En cas de problèmes lors de la combustion, contactez le producteur
  • Une analyse des risques appropriée et des procédures de travail en toute sécurité doivent être présentes
  • Une signalisation de sécurité et de santé doit être prévue sur la zone de stockage où e.a. on avertit des risques d’intoxication au CO et où on interdit de fumer et d’utiliser une flamme ouverte
  • Maintenez les pellets au sec, car sinon ils gonflent et peuvent bloquer les conduits de transport
  • Mettez à la terre des flexibles pendant le transfer pour éviter le chargement électrostatique

Implications pour l’environnement

La combustion du bois et donc aussi les pellets est mis en relation avec la problématique de particules fines. Toutefois, la combustion de pellets produit moins des particules fines que la combustion de bois.

Vous trouvez plus d‘information à ce sujet:

Il s'agit d'une norme européenne EN 14785 sur les poêles à pellets avec une puissance de 50 kW. Cet article vous donne un bel aperçu de quelques tests: Certification of pellet stoves and boilers based on EN 14785 standard – description of the test bench and preliminary results (PDF)

Dans la littérature, les questions de développement durable sont posées à la fois pour la combustion domestique et pour la combustion dans les centrales électriques. Un aperçu est donné dans cet article du ‘Lowtech Magazine’: Hoe duurzaam zijn houtpellets? Ce rapport du ‘Agrotechnology and Food Innovations b.v.’ aux Pays-Bas donne également un bon aperçu: Duurzaamheidsanalyse pellet keten (PDF) (Analyse de la durabilité dans la chaîne des pellets).

Campagne

Concernant les appareils de chauffage individuels à combustibles solides il y avait en 2017 par le SPF Economie une campagne d’inspection. Les appareils étaient contrôlés sur base de 5 normes harmonisées: EN 12809, EN 13229, EN 13240, EN 14785 et EN 15250. Lisez le rapport de campagne.

Autres substances qui peuvent dégager des gaz toxiques

Outre les produits de bois naturels mentionnés ci-dessus, il existe également des substances chimiques qui peuvent réagir avec l’humidité de l’air et des vapeurs toxiques ou explosives, comme l’hydrogène, peuvent se dégager. Pour celles substances réagissants avec de l’eau (comme l’oléum, l’acide chlorosulfonique, le tétrachlorure de titane, les alkyl-aluminiums, le sodium, etc.), il n’est pas conseillé d’utiliser de l’eau pour lutter contre les incendies.

Le « Guide 138 » du « Emergency Response Guidebook » donne un aperçu du concept de lutte contre les incendies ainsi qu’une liste de toutes les substances réactives à l’eau, classées selon le numéro ADR. Au bas du losange du NFPA qui est aussi utilisé en Amérique pour indiquer les dangers, ces substances sont également désignées par la lettre W sur lequel un trait est tiré: W.

Pour certaines de ces substances, l’industrie chimique a établi des codes, tels que ceux pour le tétrachlorure de titane de la ‘Titanium Dioxide Manufacturers Association’ (TDMA): Safety Advice for Storage and Handling of Anhydrous Titanium Tetrachloride (PDF)

Aperçu des publications

Plusieurs organisations spécialisées ont édité des publications afin de mettre en évidence les risques pour la sécurité. De nombreuses publications sont disponibles en allemand.

Plus d’information

Sur d’autres articles sur le site Internet du Centre de connaissance belge sur le bien-être au travail BeSWIC où l’intoxication est un important domaine à risque:

Concernant le standard en développement: